Discours du président 2011

Hélène PENIN et Abel RACHI

Mesdames, Messieurs,

Bonjour,

Je me présente,

Je m’appelle Abel RACHI, et je suis notaire stagiaire près de CAHORS,

Comme vous, j’ai eu la chance de m’asseoir sur les bancs de cet établissement, alors appelé Collège GAMBETTA.

Je suis très heureux de faire partie des premiers collégiens, à pouvoir intégrer cette association pour faire perdurer l’âme du lieu, comme celle des élèves qui l’ont fréquenté.

Je sais bien que,  pour une bonne partie d’entre vous, GAMBETTA a été une longue histoire allant de la sixième jusqu’au baccalauréat,

Pour l’anecdote, en préparant cette journée, je racontais à paul jardillier, que dans mon cas, cela a commencé encore plus tôt,

 en effet mes parents m’ont inscrit dès l’âge de 3 ans à la maternelle GAMBETTA située sur le boulevard du même nom,

 qui bien qu’hors les murs de cet établissement, a commencé à imprimer en moi, un certain sentiment d’appartenance et de fierté.

Puis, à mon tour, arrivé en sixième, j’ai intégré ce grand collège, qui je vous rassure, ressemblait plus à celui que vous avez connu, qu’au magnifique établissement dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui.

Moi aussi, les jours de mauvais temps, j’ai vu la pluie dans les salles de latin, cour de acacias,

Et des morceaux de plafond tombant sur ma table dans les salles de biologie du premier étage autour de cet imposant escalier qui les dessert.

Parlons en de ces salles de sciences, jamais, collégien, je n’aurais soupçonné l’existence du cabinet de physique a coté de ces salles délabrées qui furent vite abandonnées

car au milieu de ma scolarité à Gambetta, j’ai eu la chance d’avoir des cours de physique chimie dans les salles fraichement inaugurées au dessus du gymnase.

Revenons désormais à ce cabinet de physique,

Quand il m’a été proposé d’intervenir aujourd’hui, j’ai tout de suite pensé que cela ne pouvait être que,    pour vous parler de l’actualité du collège GAMBETTA,

Depuis, un an, toutes les personnes concernées s’activent autour du cabinet de physique et de ses instruments,

Il y a encore peu de temps, personne ne trouvait d’intérêt à ces objets,

Il a fallu la curiosité et l’opiniâtreté des membres de cette association et notamment de son président pour mettre en valeur le cabinet et tous les objets qui lui sont attachés.

J’en profite pour vous indiquer que cela n’est pas terminé, ce ne fut même qu’un commencement, car les membres de l’association continuent aujourd’hui à mettre en valeur les archives de cet établissement.

Après des réunions, des discussions, Monsieur JARDILLIER a convaincu, le master patrimoine de CAHORS de consacrer un année entière de travail à ce projet.

Aussitôt dit, aussitôt fait, les étudiants se sont répartis en trois groupes de travail, l’un s’est consacré à l’histoire du lieu, un autre à l’histoire des instruments et à leur inventaire, tandis que le dernier a fait des recherches sur l’histoire de l’enseignement.

Le 14 avril, ils rendaient compte de leur travail, ici même dans la salle des acte, de manière très intéressante à mon sens, puisque le résultat final a été présenté en trois temps, tout d’abord, une conférence avec les élèves de 3e du collège pour les sensibiliser aux richesses de leur établissement, puis une conférence ouverte au public a été organisée et enfin, un site internet a été mis en ligne, il est particulièrement riche en contenu, et constitue je dois le dire, le socle de mon intervention aujourd’hui.

 Je vais désormais vous conter le plus succinctement possible l’histoire de ce lieu, avant de vous raconter quelques anecdotes concernant les instruments que vous pourrez découvrir après le repas avec monsieur luffau.

HISTOIRE DU LIEU

À la fin du Moyen Âge, il existe à Cahors une université et deux collèges. L’arrivée des jésuites en 1604, sur décision d’Henri IV, marque un tournant. Les religieux rénovent et agrandissent le collège. Ils édifient le bâtiment qui accueillera, plus d’un siècle après, les salles de sciences et le cabinet de physique. À cette époque, le cabinet n’est pas mentionné dans les textes et ne semble pas encore exister. En 1627, le collège accueille 700 élèves répartis dans six classes. Ils suivent un enseignement à la fois littéraire et scientifique.

Dès 1686, le frère Guirbaldy, directeur de la communauté, enseigne la physique. La matière englobe à l’époque la chimie et l’histoire naturelle. L’astronomie et l’optique sont intégrées aux cours de mathématiques

À la fin du 18e siècle, le mouvement des Lumières favorise le progrès des sciences et de l’expérimentation. Les programmes scolaires élaborés sous la Révolution en portent la marque.

La physique expérimentale se développe alors en France, sous l'influence de l'abbé Nollet. Les cabinets de physique sont en vogue entraînant l'essor du métier de constructeur d'instruments.

Dès 1792, le conseil général du Lot demande au collège d’acquérir tous les instruments nécessaires à l’enseignement de la physique.

Un cabinet scientifique est sans doute aménagé lors de la création des écoles centrales en 1795. C’est l’équivalent d’un laboratoire actuel, lieu où l’on range les appareils,

et ou l’on prépare les expériences. Il est équipé en matériel car les cours de sciences sont désormais centrés sur les expériences réalisées par le professeur.

Dès la fin du 18e siècle des "démonstrateurs de physique", qui vendent des instruments, interviennent à l'intérieur des collèges montrant des phénomènes électriques ou magnétiques, des expériences dans le vide ou bien encore le spectacle du grossissement d'objets dans le microscope, et permettent ainsi d'illustrer les cours dictés quelques mois auparavant.

Cependant, le cabinet semble peu entretenu et les professeurs se plaignent de la médiocrité de ce matériel.

Au cours du 19e siècle, l’établissement scolaire de Cahors change à cinq reprises de nom et se nommera notamment: lycée impérial, collège royal, lycée…

Le souci de l’éducation du peuple, dans et hors de l’école, se traduit par de nouveaux aménagements. En 1824, une salle, au premier étage du bâtiment construit par les jésuites, est transformée en cabinet de physique, pour recevoir les instruments stockés dans l’ancienne sacristie. C’est le lieu que nous connaissons toujours. L’établissement accueille aussi le nouveau musée départemental.

À la fin du siècle, de nouveaux projets pour le cabinet sont sans doute liés au renouveau de l’expérimentation dans l’enseignement.

À partir de 1902, les expériences deviennent véritablement la base du cours : les élèves sont invités à élaborer le raisonnement à partir de ces démonstrations.

Pour la première fois, ils bénéficient de séances de travaux pratiques. Ces changements pédagogiques nécessitent de nouveaux aménagements dans les lycées. À Cahors comme ailleurs, les paillasses remplacent les bureaux des salles de cours traditionnelles. À l’antique cabinet de physique se substitue progressivement le laboratoire.

Puis, dans les années 1990, les salles de travaux pratiques et les laboratoires sont transférés dans des locaux flambant neufs. Le cabinet perd alors définitivement sa fonction d’origine.

ANECDOTES

Intéressons nous désormais aux objets qui font richesse du cabinet de physique.

Le collège Gambetta abrite aujourd’hui plus de mille instruments et objets acquis entre la fin du 18e siècle et les années 1970, qui forment une collection pédagogique à la fois importante et de qualité. D’anciens inventaires permettent de retracer l’évolution de celle-ci, l’ensemble ayant été complété et renouvelé régulièrement.

Les instruments de physique les plus anciens, des 18e et 19e siècles, sont réalisés dans des matières nobles : bois précieux, bronze, avec un vrai souci esthétique.

Certains sont des pièces uniques, tel le pyromètre d’Arsandaux. Cires anatomiques et maquettes en carton-pierre de très belle facture, squelettes et animaux naturalisés, parfois exotiques, peuplaient les vitrines des salles et couloirs de sciences naturelles.

Les instruments plus récents, fabriqués en série dans des matériaux courants, ont été achetés en nombre pour les travaux pratiques des élèves. Ils forment un témoignage précieux de l’évolution de l’enseignement, et de la variété des domaines étudiés : acoustique, électricité, anatomie, entomologie…

I / Commençons par le maître des lieux, le pyromètre d’arsandaux :

Il s’agit probablement l’un des plus vieux objets de la collection du collège Gambetta. Il est monté sur un support en bois marqueté , et il est particulièrement ouvragé.

Il fut construit par Arsandaux vers 1800. Il existe très peu d’exemplaires connus en France.

Il  sert à montrer que, quand leur température s’élève, les métaux se dilatent différemment en fonction de leur composition. Un réservoir contient un liquide enflammé qui vient chauffer une tige métallique. Selon la température, cette tige s’allonge et fait varier la position de l’aiguille du cadran de mesure.

Il était utilisé en cours de chaleur. Précieux et fragile, il était peu manipulé par les élèves.

AUJOURD’HUI, La dilatation des métaux est prise en compte dans les ouvrages d’art et les constructions. Les rails des voies ferrées sont espacés pour qu’ils puissent se dilater librement en été, de même que les poutres des ponts métalliques.

II / Arrêtons nous quelques instants sur un écorché de main :

Il s’agit d’un modèle de main droite, en bois et cire colorée, il est fixé sur un socle circulaire en bois verni noir. Très fragile, il est protégé par une cloche en verre.

On parle d’« écorché » car la peau n’est figurée que sur son auriculaire.

Il sert à observer l’anatomie de la main humaine : peau, veines, muscles, tendons, os… .

Selon un inventaire, cet objet, fabriqué par la maison TRAMOND à PARIS, était présent en bon état au collège dans les années 30.

Pour l’anecdote, il se murmure que les ongles qui garnissent cette main sont des ongles véritables.

III / Je voudrais aussi vous parler de l’objet, que je considère comme le plus beau de la collection.

 La sphère armillaire, constituée d’un assemblage d’anneaux parfois gradués. Les anneaux représentent des méridiens, des parallèles, l’horizon, l’écliptique. La Terre est encore à l’époque placée au centre.

Elle sert à observer et à interpréter le mouvement des étoiles et du soleil par rapport à la Terre. Elle permet aussi d’expliquer l’alternance des jours et des nuits, ou des saisons, en différents points de la Terre (équateur, pôles…).

Elle existe depuis l’Antiquité et a été considérée comme le modèle de l’univers jusqu’au 17e siècle.

Elle était étudiée en astronomie depuis l’époque des jésuites jusqu’au 19e siècle.

Pour l’anecdote, Le cabinet de physique renferme une autre sphère armillaire, dont l’astre central a disparu.

IV / Les pistolets de Volta sont des instruments de physique composés d’un flacon de fer blanc peint, d’une électrode traversant sa paroi à travers un isolant et d’un bouchon en liège.

Ils sont remplis d’un mélange de gaz tonnant.  Le nom de cet instrument renvoie au bruit produit, celui d’un pistolet.         Les pistolets de VOLTA sont enflammés par une étincelle produite en reliant l’électrode à une machine électrostatique. L’énergie dégagée par la réaction propulse le bouchon violemment. Cela produit alors une détonation fracassante.

Alessandro Volta inventa ces pistolets en 1777 et leur présentation publique suscita la surprise des spectateurs.

Les pistolets de VOLTA entrent officiellement dans les collèges royaux en 1842 et sont utilisés en cours d’électricité statique.      Ils prouvent les dangers mélanges tonnants tout en impressionnant les élèves par leur détonation.    Bien que peu dangereux,  ils étaient manipulés seulement par le professeur.

V / Quelques mots sur la bobine de Ruhmkorff. Elle est constituée d’une bobine interne de fils de cuivre et d’une bobine externe comportant un grand nombre de tours d’un fil plus fin. Le tout est posé sur un socle de bois.

Si vous branchez un générateur de courant électrique à la bobine interne, des étincelles apparaîtront entre les tiges reliées à ma bobine externe. Par induction, un courant est créé dans la grosse bobine et sa tension est beaucoup plus importante que celle du courant d’entrée.

Le courant par induction est utilisé de nos jours dans nos plaques de cuisson.

Pour conclure, cette intervention, je voudrais rendre hommage à ceux qui les premiers, ont ressorti ces instruments de leurs placards, de leurs greniers, sans qui je pense, nous ne pourrions pas aujourd’hui avoir la chance de découvrir ce cabinet de physique dans de telles conditions.

J’insiste aussi sur la richesse du site web élaboré par les étudiants du master qui décrit un nombre important des instruments de ce cabinet,    qui relate la place des sciences dans l’enseignement, et je communiquerai avec plaisir l’adresse internet de ce site à tous ceux qui seraient intéressés.

 En préparant cette intervention, j’ai proposé de faire une petite parenthèse sur le master patrimoine de  CAHORS, dont les étudiants ont fait un travail phénoménal d’inventaire et de recherche cette année, comme pour chacun des projets menés à bien depuis la création de ce master.

Ce master, dont l’évolution est une excellente nouvelle pour l’enseignement supérieur à CAHORS, mérite de vous être brièvement présenté 

C’est pourquoi, je cède la parole pour vous en parler à Hélène PENIN, qui fait partie des rares cadurciennes à être à la fois, un ancienne élève du collège gambetta, et une ancienne du master patrimoine de CAHORS.

Merci à tous pour la qualité de votre attention

HELENE PENIN

Le travail de sauvegarde et de valorisation du cabinet de physique a mis en relation l’association des anciens élèves du Lycée et collège Gambetta et les étudiants du Master Patrimoine, antenne de l’université de Toulouse II Le Mirail à Cahors.

Etant moi-même ancienne élève du Collège et diplômée du master patrimoine, je ne peux que me féliciter de telles opérations : les recherches menées enrichissent notre connaissance du patrimoine, favorisent sa bonne conservation et assurent sa transmission.

C’est une valeur d’avenir, créatrice d’emploi, et l’université ne s’y trompe pas : elle inaugure à la rentrée la nouvelle version de sa formation professionnelle, qui s’étalera désormais sur deux années de master, la première consacrée à des travaux de recherche, d’inventaire, et la seconde orientée sur les question de valorisation, de médiation.